Dioxyde de titane (E171)

Additifs et conservateurs

Le dioxyde de titane (numéro européen E171) est un pigment blanc minéral utilisé comme colorant. En 2021, l'EFSA a conclu qu'il ne pouvait plus être considéré comme sûr en tant qu'additif alimentaire pour l'humain, une préoccupation de génotoxicité ne pouvant être écartée (EFSA, 2021). Dans l'Union européenne, son usage comme additif alimentaire humain a été interdit par le Règlement (UE) 2022/63, et son autorisation comme additif pour l'alimentation animale a été refusée par le Règlement d'exécution (UE) 2021/2090.

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Quel est le statut réglementaire du dioxyde de titane dans l'UE ?

Le dioxyde de titane (E171) est interdit comme additif alimentaire humain dans l'UE depuis le Règlement (UE) 2022/63, et son autorisation comme additif pour l'alimentation animale a été refusée par le Règlement d'exécution (UE) 2021/2090, à la suite de l'avis défavorable de l'EFSA de 2021 (EFSA, 2021).

L'EFSA a réévalué le E171 et conclu qu'une préoccupation de génotoxicité ne pouvait être exclue, en raison notamment des résultats sur les nanomatériaux de dioxyde de titane et de l'impossibilité de définir un seuil sous lequel la génotoxicité n'aurait pas lieu (EFSA, 2021). Pour l'alimentation animale, les stocks existants de l'additif devaient être retirés du marché au plus tard le 20 mars 2022, et les aliments en contenant au plus tard le 20 juin 2022 (Règlement 2021/2090). Le dioxyde de titane reste autorisé pour certains usages dans les médicaments.

Quel rôle jouait le dioxyde de titane dans un aliment ?

Le dioxyde de titane servait de colorant blanc opacifiant, sans aucune valeur nutritionnelle pour l'animal. Sa fonction était purement esthétique, pour blanchir ou opacifier certaines préparations.

Dans l'alimentation animale, son emploi était marginal et ne corrigeait aucun besoin nutritionnel. Comme tout colorant, il s'adressait à la perception humaine et non à l'animal, dont le choix alimentaire ne dépend pas de la couleur. Son retrait n'entraîne donc aucune perte nutritionnelle, ce qui distingue ce cas de celui des antioxydants ou des stabilisants ayant une fonction technologique réelle.

Le dioxyde de titane est-il dangereux ?

L'EFSA a conclu en 2021 qu'une préoccupation de génotoxicité ne pouvait être écartée, ce qui a motivé son interdiction comme additif alimentaire dans l'UE, mais d'autres agences sanitaires ont contesté cette interprétation, le débat scientifique international restant ouvert (EFSA, 2021).

La croyance répandue présente désormais le E171 comme « interdit car cancérigène ». La formulation rigoureuse est différente. L'EFSA n'a pas conclu que le dioxyde de titane était cancérogène : elle a conclu qu'elle ne pouvait pas écarter une génotoxicité, faute de pouvoir établir un seuil sûr, ce qui, par précaution, l'a conduite à ne plus le considérer comme sûr comme additif alimentaire (EFSA, 2021). Plusieurs agences (Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) ont jugé cette conclusion contestable, estimant que les études sur nanoparticules dispersées ne représentent pas le E171 tel qu'employé dans les aliments. Aux États-Unis, la FDA continue d'autoriser le dioxyde de titane comme colorant dans la limite de 1 pour cent en poids de l'aliment. Le contraste UE/US est donc marqué : interdiction par précaution dans l'UE, autorisation maintenue aux États-Unis.

CritèreUnion européenneÉtats-Unis
Statut additif alimentaire humainInterdit (Règlement 2022/63)Autorisé, max 1 pour cent (FDA)
Statut additif alimentation animaleRefusé (Règlement 2021/2090)Encadré (FDA)
Avis de l'agenceGénotoxicité non écartée (EFSA, 2021)Considéré sûr aux limites
Nature de la conclusionPrécaution, pas cancérogénicité établieMaintien de l'autorisation
Niveau de preuve d'un dangerEn débatEn débat

Quel est le niveau de preuve ? (Dioxyde titane)

Le niveau de preuve reste en débat. L'EFSA a invoqué une incertitude sur la génotoxicité plutôt qu'une cancérogénicité démontrée, et plusieurs agences internationales ont contesté cette lecture, ce qui illustre une divergence d'appréciation entre régulateurs (EFSA, 2021).

La rigueur impose de dire que le E171 est « interdit dans l'UE par précaution, l'EFSA ne pouvant écarter une génotoxicité », et non « interdit car prouvé cancérigène ». La science n'a pas tranché de façon unanime, comme le montre le maintien de l'autorisation par d'autres agences. Pour l'animal, le retrait du E171 ne crée aucune perte, puisque ce colorant n'avait aucune utilité nutritionnelle.