La farine de poisson dans les croquettes pour chat apporte-t-elle trop d'iode par rapport aux besoins félins ?

Réponse rapide

La farine de poisson est une source concentrée d'iode (1 à 10 mg/kg MS selon l'espèce). Le besoin minimal du chat adulte est de 0,35 mg/kg MS (NRC 2006) ; le seuil de toxicité se situe au-delà de 9 mg/kg MS (EFSA, 2014). Des aliments à base de poisson ont été associés à l'hyperthyroïdie féline, avec une causalité multifactorielle.

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Développement

Comment l'iode contenu dans la farine de poisson peut-il dépasser les besoins du chat ?

Les poissons marins sont naturellement riches en iode car ils accumulent cet élément présent en concentration élevée dans l'eau de mer. La farine de poisson, par son procédé de concentration (déshydratation), contient des niveaux d'iode nettement supérieurs à la chair fraîche : hareng et merlan peuvent atteindre 5-8 mg/kg MS dans leur farine. Une croquette pour chat contenant 20 à 30 % de farine de poisson peut donc apporter 1 à 3 mg/kg MS d'iode total, soit 3 à 9 fois le besoin minimal recommandé par le NRC. L'EFSA (2014) a évalué la tolérance à l'iode chez le chat et conclu qu'un apport supérieur à 9 mg/kg MS présente un risque de dysfonction thyroïdienne.

Un fait surprenant : l'hypothyroïdie peut également être induite par un excès d'iode (phénomène de Wolff-Chaikoff), pas seulement par une carence. Un chat consommant en excès chronique de l'iode peut développer une hypothyroïdie par blocage temporaire de la synthèse des hormones thyroïdiennes, avant l'adaptation ou l'évolution vers l'hyperthyroïdie.

Quel lien existe entre alimentation à base de poisson et hyperthyroïdie féline ?

L'hyperthyroïdie féline est la maladie endocrinienne la plus fréquente du chat âgé (prévalence estimée à 10 % des chats de plus de 10 ans dans les pays occidentaux). Sa fréquence a augmenté depuis les années 1980, parallèlement à la généralisation des aliments commerciaux. Plusieurs études épidémiologiques ont identifié la consommation d'aliments humides à base de poisson comme facteur de risque, notamment Martin et al. (2000, New Zealand Veterinary Journal) et Scarlett et al. (1988). Cependant, d'autres facteurs sont impliqués : les bisphénols des boîtes de conserve, les retardateurs de flamme (PBDE) et les perturbateurs endocriniens environnementaux, ce qui rend l'attribution causale à l'iode seul difficile.

Comparatif
SourceTeneur en iode (mg/kg MS, indicatif)% de l'apport minimum recommandé chat (0,35 mg/kg MS)% du seuil de sécurité EFSA (9 mg/kg MS)
Farine de hareng5-81 400-2 300 %56-89 %
Farine de merlan4-71 140-2 000 %44-78 %
Farine de saumon2-4570-1 140 %22-44 %
Besoin minimum chat adulte (NRC)0,35100 %3,9 %
Le repère Petipedia

Petipedia rappelle que les valeurs de teneurs en iode des farines de poisson sont indicatives et varient selon l'espèce, la zone de pêche et le procédé de fabrication ; les fabricants agréés sont tenus de contrôler les apports minéraux totaux de leurs formules.

Sources

NRC, Nutrient Requirements of Dogs and Cats, National Academies Press, 2006 ; EFSA, "Scientific Opinion on the safety and efficacy of iodine compounds for all animal species", EFSA Journal, 2014 ; Martin K.M. et al., "Investigation of potential risk factors for hyperthyroidism in cats", New Zealand Veterinary Journal, 2000.