Le cuivre ajouté en excès dans les croquettes représente-t-il un risque pour les races canines à accumulation hépatique de cuivre ?

Réponse rapide

Bedlington Terrier, Labrador Retriever, Dalmatien et West Highland White Terrier présentent une susceptibilité génétique à l'accumulation hépatique de cuivre. Le NRC recommande 7,3 mg/kg MS pour le chien adulte ; certaines croquettes dépassent 15 mg/kg MS. L'EFSA a abaissé la limite maximale d'ajout du cuivre à 15 mg/kg en 2016.

Dernière mise à jour :

Information générale à portée documentaire. Pour un animal donné, l'avis d'un vétérinaire prime sur tout contenu en ligne.

Développement

Quelles races canines sont concernées par l'accumulation hépatique de cuivre et par quel mécanisme ?

Le Bedlington Terrier est le modèle canin le plus documenté : une mutation autosomique récessive du gène COMMD1 (anciennement MURR1) empêche l'excrétion biliaire du cuivre, aboutissant à une hépatite chronique progressive. Des mutations différentes ont été identifiées dans d'autres races : le Labrador Retriever (mutations sur ATP7B et ATP7A), le Dalmatien, le West Highland White Terrier et le Dobermann. La prévalence dans les populations atteintes peut dépasser 30 % pour le Bedlington Terrier (Hoffmann et al., 2006). Un fait surprenant : la concentration hépatique en cuivre dans les cas sévères peut atteindre 10 000 mg/kg de poids sec hépatique, contre 200 à 400 mg/kg chez un chien sain.

Comment la teneur en cuivre et sa forme influencent-elles le risque dans les croquettes commerciales ?

L'EFSA (2016) a abaissé la limite maximale d'ajout du cuivre dans les aliments pour chiens à 15 mg/kg (en équivalent cuivre), contre une ancienne limite supérieure. La forme chimique du cuivre influence son absorption : le sulfate de cuivre (source inorganique classique) et les chélates de cuivre (glycinate, méthionate) présentent des biodisponibilités différentes, les chélates étant en général mieux absorbés. Pour les races à risque, les vétérinaires spécialisés recommandent des aliments dont la teneur en cuivre est inférieure à 7,5 mg/kg MS et des formes moins biodisponibles, en complément d'un traitement médical le cas échéant. Le suivi de la cuprémie et des enzymes hépatiques reste l'outil de surveillance recommandé chez les individus à risque génétique.

Comparatif
RaceMécanisme génétique identifiéPrévalence approximativeLimite cuivre recommandée (aliment)
Bedlington TerrierMutation COMMD1 (autosomique récessive)Supérieure à 30 % de la raceInférieure à 7,5 mg/kg MS
Labrador RetrieverMutations ATP7B, ATP7A (multifactoriel)Estimée à 5-10 %Inférieure à 10 mg/kg MS
West Highland White TerrierMécanisme partiel identifiéDonnées limitéesInférieure à 10 mg/kg MS
DalmatienMécanisme partiel identifiéDonnées limitéesInférieure à 10 mg/kg MS
Le repère Petipedia

Petipedia recommande aux propriétaires de races prédisposées de consulter un vétérinaire pour sélectionner un aliment avec une teneur en cuivre adaptée et de réaliser un bilan hépatique régulier ; l'étiquette des croquettes n'affiche pas systématiquement la teneur en cuivre.

Sources

EFSA Panel on Additives and Products or Substances used in Animal Feed (FEEDAP), opinion on copper, 2016 ; NRC, Nutrient Requirements of Dogs and Cats, National Academies Press, 2006 ; Hoffmann G. et al., "Copper-associated chronic hepatitis in Labrador Retrievers", Journal of Veterinary Internal Medicine, 2006.