BHA (butylhydroxyanisole, E320)
Additifs et conservateursLe butylhydroxyanisole (BHA, code européen E320) est un antioxydant de synthèse ajouté aux matières grasses des aliments pour animaux afin de retarder le rancissement oxydatif. Le Centre international de recherche sur le cancer le classe dans le groupe 2B, agent « peut-être cancérogène pour l'homme » (CIRC, 1986). Dans l'Union européenne, il reste autorisé comme additif technologique pour l'alimentation animale avec une teneur maximale de 150 mg/kg d'aliment complet (Règlement (CE) 1831/2003 et actes d'exécution liés).
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Qu'est-ce que le BHA selon la réglementation ?
Le BHA est un antioxydant phénolique de synthèse autorisé dans l'UE comme additif technologique pour l'alimentation animale, fonction « antioxydant », avec une teneur maximale de 150 mg/kg d'aliment complet, seul ou associé au BHT (E321) (EFSA, 2018).
Sur le plan chimique, le BHA est un mélange de deux isomères de tertio-butyl-hydroxyanisole. Son rôle est de capter les radicaux libres formés lors de l'oxydation des lipides, ce qui prolonge la conservation des graisses et préserve les vitamines liposolubles. Dans l'alimentation humaine, il est également répertorié sous le numéro E320 et encadré par le Règlement (UE) 231/2012. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration le reconnaît comme additif autorisé (GRAS pour certains usages) sous surveillance des seuils d'emploi (FDA, 21 CFR).
Quel rôle joue le BHA dans un aliment pour chien et chat ?
Le BHA sert exclusivement à stabiliser les graisses contre l'oxydation. Il n'apporte aucune valeur nutritionnelle à l'animal et ne corrige aucun déficit. Une croquette riche en graisses animales s'oxyde rapidement sans antioxydant, ce qui dégrade les acides gras essentiels et génère des composés indésirables.
L'oxydation lipidique altère l'appétence, détruit une partie des oméga-3 et des vitamines A, D et E, et produit des aldéhydes et peroxydes. Le BHA, comme le BHT, retarde ce processus sur toute la durée de conservation, y compris après ouverture du sac. Chez le chat, carnivore strict dont la ration est très grasse, la stabilité oxydative conditionne directement la qualité de l'aliment. Les fabricants premium privilégient toutefois souvent les antioxydants naturels (tocophérols, extrait de romarin) pour des raisons d'image, sans que cela traduise une supériorité de sécurité démontrée.
Le BHA est-il cancérigène pour le chien et le chat ?
La classification du CIRC en groupe 2B signifie « peut-être cancérogène pour l'homme », sur la base d'une cancérogénicité observée chez l'animal de laboratoire et de données humaines insuffisantes, et non d'une preuve de cancer chez le chien ou le chat (CIRC, 1986).
La croyance répandue assimile le BHA à un cancérigène avéré. Les faits sont plus nuancés. Le signal provient d'études du National Toxicology Program américain montrant que l'ingestion de BHA à forte dose induit des tumeurs du pré-estomac (forestomach) chez le rat et le hamster (NTP, 1986). Le pré-estomac est un organe que le chien, le chat et l'humain ne possèdent pas. Lors d'un atelier ultérieur, le CIRC a estimé que le mécanisme conduisant à ces tumeurs du pré-estomac du rongeur n'était pas pertinent pour l'humain, mais n'a pas révisé formellement le classement 2B (CIRC). L'EFSA, dans son évaluation de 2018 pour l'usage en alimentation animale, a conclu à la sécurité du BHA aux teneurs autorisées (EFSA, 2018).
| Élément | BHA (E320) | Statut |
|---|---|---|
| Classification CIRC | Groupe 2B, « peut-être cancérogène » | Sur base animale (CIRC, 1986) |
| Organe ciblé (étude NTP) | Pré-estomac du rat et hamster | Organe absent chez chien, chat, humain (NTP, 1986) |
| Dose | Fortes doses alimentaires expérimentales | Très supérieures aux usages en alimentation |
| Statut UE alimentation animale | Autorisé, max 150 mg/kg | Évaluation EFSA favorable (EFSA, 2018) |
| Statut US | Autorisé (FDA) | Sous seuils d'emploi |
| Niveau de preuve d'un risque aux doses d'usage | Faible | Mécanisme du rongeur jugé peu pertinent |
Quel est le niveau de preuve ? (butylhydroxyanisole)
Le niveau de preuve d'un risque cancérogène aux doses réellement employées en alimentation animale est faible. Les données positives proviennent d'un modèle animal (pré-estomac du rongeur) jugé peu transposable, tandis que l'évaluation européenne récente conclut à la sécurité aux teneurs autorisées (EFSA, 2018).
La distinction est essentielle. Le BHA est correctement décrit comme « classé 2B par le CIRC » et « cancérogène chez le rongeur à forte dose dans un organe que les carnivores domestiques ne possèdent pas ». Il est incorrect de le présenter comme « cancérigène pour le chien et le chat ». L'état des connaissances laisse subsister une incertitude résiduelle, ce qui motive le recours croissant aux antioxydants naturels, mais aucune donnée ne démontre un cancer attribuable au BHA aux concentrations autorisées dans les aliments pour animaux.