Que renseignent le SDMA et la protéinurie sur la diete à adopter en IRC ?
Que renseignent : Le SDMA détecte une perte de filtration rénale dès 25 à 40 % de la capacité, contre plus de 75 % pour la créatinine (IRIS, 2023). Un SDMA supérieur à 14 microg/dL oriente vers une diète précoce. Un UPC supérieur à 0,4 renforce l'indication. Les deux marqueurs guident le moment et l'intensité de l'intervention diététique.
Information générale à portée documentaire. Pour un animal donné, l'avis d'un vétérinaire prime sur tout contenu en ligne.
Le SDMA et l'UPC sont deux marqueurs complémentaires qui précisent le stade IRIS et orientent les ajustements de la diète rénale bien avant que la créatinine ne soit modifiée.
Pourquoi le SDMA est-il utile pour décider d'une diète précoce ?
Le SDMA est un acide aminé méthylé produit par dégradation intracellulaire des protéines et excrété uniquement par filtration glomérulaire. Son dosage sanguin monte dès qu'environ 25 % de la filtration est perdue, contre plus de 75 % pour que la créatinine sorte des normes. Cette fenêtre d'intervention plus précoce permet d'introduire une surveillance nutritionnelle (limiter les excès de phosphore, augmenter l'hydratation) avant même que la créatinine ne soit pathologique. En pratique, un SDMA supérieur à 14 microg/dL confirme un stade IRIS 1 et oriente vers des mesures diététiques préventives (IRIS, 2023 ; IDEXX, données analytiques).
Fait notable : le SDMA est moins influencé par la masse musculaire que la créatinine ; un chat sarcopénique peut avoir une créatinine normale malgré une IRC avancée, alors que son SDMA est élevé.
Comment la protéinurie oriente-t-elle la diète ?
La protéinurie, quantifiée par l'UPC sur urine prise au mieux de deux échantillons différents, sous-classe chaque stade IRIS en non-protéinurique (UPC < 0,2 chez le chat), border-line (0,2-0,4) et protéinurique (> 0,4). Un chat protéinurique perd des protéines par le glomérule : une diète qui limite la charge protéique glomérulaire (qualité protéique haute, quantité modérée) réduit la pression intraglomérulaire et ralentit la progression. L'IRIS recommande d'instaurer la diète rénale dès le stade 2 et surtout chez les patients protéinuriques, même à stade précoce (IRIS, 2023).
La réponse à la diète se suit par contrôle de l'UPC à 4 à 6 semaines : une amélioration ou une stabilisation confirme l'efficacité.
| Marqueur | Valeur d'alerte | Signification | Orientation diététique |
|---|---|---|---|
| SDMA | > 14 microg/dL | IRC stade 1 confirmé | hydratation, limiter phosphore inorganique |
| Créatinine | > 1,6 mg/dL (chat) | IRC stade 2+ | diète rénale instaurée |
| UPC chat non-protéinurique | < 0,2 | filtration préservée | diète standard du stade |
| UPC protéinurique | > 0,4 | lésion glomérulaire | diète rénale + suivi UPC |
| Suivi | sang et urine | selon stade IRIS | fréquence vétérinaire |
Petipedia explique la valeur du SDMA et de l'UPC pour comprendre pourquoi le vétérinaire introduit ou ajuste une diète rénale parfois avant que le chat ne présente de signes cliniques.
Sources
IRIS, Staging of CKD (2023) ; WSAVA, Nutrition and Hydration in Feline CKD (2020) ; IDEXX Laboratories, SDMA reference data ; NRC (2006).