Graisse de volaille

Matières grasses et oméga-3

La graisse de volaille est une matière grasse animale obtenue par fonte des tissus adipeux de volailles, utilisée dans les aliments pour chien et chat comme source concentrée d'énergie et d'acide linoléique (oméga-6). Elle apporte environ 9 kcal par gramme, soit plus du double de l'énergie d'un gramme de protéine ou de glucide (NRC, 2006). Sa digestibilité dans l'aliment pour chien dépasse couramment 90 % (Today's Veterinary Practice, 2017).

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Qu'est-ce que la graisse de volaille selon la réglementation ?

La graisse de volaille est une matière grasse issue de la fonte des tissus de volailles, classée parmi les matières grasses animales au sens du Règlement (CE) 767/2009 sur l'étiquetage des aliments pour animaux. Sur une étiquette, la mention « graisse de volaille » indique une espèce identifiée (volaille), plus précise que « graisses animales ».

Le terme couvre la fraction lipidique séparée lors de la transformation des carcasses et tissus de volailles. Lorsqu'elle provient d'une seule espèce (poulet par exemple), elle peut être désignée plus précisément. La qualité dépend de la fraîcheur de la matière première, du procédé de fonte et de la stabilisation par antioxydants, le profil oxydatif étant le principal facteur de qualité (voir la fiche rancissement et indice de peroxyde). Une graisse de volaille de qualité est stabilisée à la production, le plus souvent par des tocophérols mixtes (vitamine E) plutôt que par des antioxydants de synthèse.

Quel rôle nutritionnel joue la graisse de volaille chez le chien et le chat ?

La graisse de volaille remplit deux fonctions principales : fournir de l'énergie sous forme concentrée et apporter de l'acide linoléique, un acide gras oméga-6 essentiel. La graisse de volaille contient de l'ordre de 16 à 22 % d'acide linoléique (Watts Pet, 2024), un acide gras que ni le chien ni le chat ne synthétisent et qui doit venir de l'alimentation (Today's Veterinary Practice, 2017).

Le tableau ci-dessous compare la graisse de volaille aux autres grandes sources de matière grasse utilisées en pet food pour leur profil en acides gras.

Source de matière grasseÉnergie (kcal par g)Acide linoléique (oméga-6)Oméga-3 à longue chaîne (EPA, DHA)Acide arachidonique
Graisse de volailleenviron 9de 16 à 22 %FaiblePrésent (source animale)
Huile de poisson marineenviron 9FaibleÉlevéFaible
Huile végétale (tournesol, lin)environ 9Variable selon l'huileFaible (ALA seulement)Absent

L'acide linoléique participe à l'intégrité de la barrière cutanée et à la qualité du pelage. Une carence se traduit par une peau sèche, un poil terne et une perte d'eau transépidermique accrue. La graisse joue aussi un rôle de vecteur des vitamines liposolubles (A, D, E, K) et améliore l'appétence de l'aliment, ce qui explique son usage courant en enrobage de croquettes.

Chez le chat, carnivore strict, le besoin en acide linoléique existe également, mais le chat a en plus un besoin spécifique en acide arachidonique (un oméga-6 à longue chaîne), qu'il convertit mal à partir de l'acide linoléique. Les aliments pour chat complètent donc souvent l'apport en oméga-6 par des sources animales riches en acide arachidonique, la graisse de volaille couvrant surtout l'acide linoléique et l'énergie. La graisse de volaille reste pauvre en oméga-3 à longue chaîne (EPA, DHA), qui proviennent d'autres sources (huiles marines).

La graisse de volaille est-elle un ingrédient de mauvaise qualité ?

La graisse de volaille n'est pas un ingrédient de mauvaise qualité par nature, et l'idée que « graisse animale égale produit dégradé » relève du mythe. La graisse est la source d'énergie la plus digestible pour le chien et le chat, avec des coefficients de digestibilité supérieurs à 90 % pour une graisse de volaille fraîche et bien stabilisée (Today's Veterinary Practice, 2017).

La croyance répandue assimile toute graisse animale ajoutée à un signe de bas de gamme ou à un facteur d'obésité. Les faits nuancent ce point. Le risque réel n'est pas la présence de graisse mais sa quantité totale dans la ration et son état d'oxydation. Une graisse mal protégée rancit, perd ses acides gras essentiels et génère des composés indésirables (voir rancissement et indice de peroxyde) : la qualité tient donc à la fraîcheur et à la stabilisation, pas à l'origine volaille en soi. Un taux de matières grasses élevé peut en revanche poser problème chez un chien prédisposé à la pancréatite, ce qui relève du dosage de la ration et non de la graisse de volaille en particulier (FEDIAF, 2021).

Aucune distinction réglementaire majeure UE et États-Unis ne pénalise la graisse de volaille en tant qu'ingrédient. La différence se situe sur les antioxydants employés pour la stabiliser (par exemple l'éthoxyquine, dont le statut diffère, voir la fiche dédiée du glossaire).

Quel est le niveau de preuve ? (Graisse volaille)

Le niveau de preuve sur le rôle énergétique et cutané de la graisse de volaille est élevé. La fonction de l'acide linoléique dans la santé cutanée et la digestibilité élevée des matières grasses animales sont des données nutritionnelles établies (NRC, 2006 ; Today's Veterinary Practice, 2017).

La valeur d'une graisse de volaille donnée dépend cependant de paramètres mesurables : fraîcheur de la matière première, indice de peroxyde, mode de stabilisation. Ces paramètres ne sont pas lisibles sur une étiquette, ce qui limite l'évaluation par le seul nom de l'ingrédient. Le rôle énergétique et l'apport en acide linoléique font consensus ; la qualité d'un lot précis reste une question de procédé et de contrôle.